L'Alliaj est un planeur de F3F (vol de
pente) produit par Aeromod (Alexis Maréchal). Ce planeur est entièrement
fabriqué en composite carbone / époxy avec des noyaux en polystyrène pour
l'aile. Au cours d'un échauffement malheureux pendant un concours, mon Alliaj à
rencontré un Caracho qui s'échauffait lui aussi à pleine vitesse...Résultat,
deux planeurs amochés et deux pilotes malheureux !

Le Caracho poursuit son
vol...
Arnaud, le pilote du Caracho
posera impeccablement son planeur avec un quart d'aile en moins. Quand à moi,
je ramène tant bien que mal mon modèle qui a une demi aile délaminée à 50% et
qui flotte pour le vautrer sur le bord de la pente...Le fuselage en prend un
coup au passage.

...avec ça en moins !
L'expérience est douloureuse,
Arnaud et moi nous en serions bien passé mais de son côté comme du mien il en
ressort que les deux planeurs vont revoler malgré des dégâts importants. Le
Caracho est un planeur à aile "creuse" et sa réparation est visible sur le
forum F3F
http://www.f3f-france.fr/component/option,com_smf/Itemid,28/topic,29.msg105/topicseen,1/#new ,
du beau boulot !
Ici, Je vais décrire en
quelques mots et images la réparation de l'Alliaj et donc d'une aile "pleine"
délaminée. Pour commencer quelques photos des dégâts :



A l'impact, le carbone a fait
éclater l'aile à travers laquelle on pouvait passer la main. Le volet est
touché et le fuselage est en deux parties. Il manque d'ailleurs 2 cm de
fuselage qu'il va falloir reconstruire.
Réparation de l'aile
:
Pour réparer une aile de ce
type, il faut absolument avoir les dépouilles d'origine. Ces dépouilles sont
fixées à l'adhésif sur le plan de travail et protégées par du
« Polyane ». La demi aile blessée va être mise sous presse dans ses
dépouilles. Avant cela, il faudra évidement nettoyer la plaie en la
débarrassant des petits bouts de carbone et de Caracho qui sont plantés dans le
polystyrène.
Après avoir contrôlé que tous les morceaux
du noyau sont là, rajouté un ou deux qui manquent et bien protégé les câbles
des servos (qui est retiré), on peut badigeonner tout ça avec un
mélange crémeux d'époxy et de micro ballon. Avec un pinceau plat, il faut
bien pousser la colle sous la peau décollée. Globalement, on ne doit pas trop
charger car il faut penser que la pression va avoir tendance à faire baver le
mélange. De plus une crème trop épaisse pourrait marquer sous la peau (non, on
ne parle pas cosmétique).
On ferme avec la dépouille de
l'extrados (protégée), une planche pour repartir la pression et on charge (si
on a un bon plan de travail). Sinon on prend l'aile en sandwich entre deux
planches avec des serre-joints. Idem pour le volet. La finition est classique :
mastique, ponçage, apprêt, ponçage, peinture. La masse totale de la réparation est
d'environ 50 g.


C'est fini (presque), la peau n'est
pratiquement pas ondulée et la résistance n'est pas affectée.
Réparation du
fuselage:
Là, c'est du classique. Les
morceaux sont présentés et maintenus en place par de la cyano. Comme il manque
une pièce d'environ 2 x 1 cm, j'ai collé à la cyano des petites attelles en
balsa à l'extérieur du fuselage qui finissent par former un moule perdu et
rigidifient l'ensemble. La reconstruction se fait avec des tissus de carbone,
kevlar et verre de faibles grammages par l'intérieur, avec de l'époxy et sur
une surface poncée avec une mini perceuse.
Même séquence de finition que
pour l'aile.
En conclusion, ne jamais
désespérer ! Tout se répare en composite (jusqu'à une certaine limite
évidement), creux ou plein et j'espère que nos retours d'expérience aideront à
faire revivre des planeurs considérés comme irréparables.
Pour finir, une photo d'un
Alliaj en plein "run" :
